Pour transférer un nom de domaine, cinq étapes : vérifier que vous en êtes bien le titulaire, déverrouiller le domaine chez le registrar actuel, récupérer le code de transfert (aussi appelé code auth ou code EPP), lancer la demande chez le nouveau registrar, puis valider le message de confirmation envoyé par email. Comptez cinq à dix jours et une dizaine d’euros — le transfert prolonge en général votre domaine d’un an.
Deux points bloquent presque tous les transferts qui échouent : un domaine créé ou transféré depuis moins de soixante jours, et une adresse email de contact obsolète. Vérifiez ces deux-là avant de commencer.
- Transférer le domaine et déménager le site sont deux opérations distinctes.
- Vous ne pouvez transférer que si vous êtes le titulaire déclaré, pas seulement celui qui paie la facture.
- Un domaine créé ou transféré depuis moins de 60 jours est bloqué.
- Bien mené, un transfert ne coupe ni le site ni les emails.
Transfert, déménagement, redirection : trois choses différentes
Le vocabulaire embrouille tout le monde, y compris des prestataires. Trois opérations souvent confondues :
- Transférer le nom de domaine — changer le registrar, c’est-à-dire l’entreprise auprès de laquelle le domaine est enregistré. C’est un changement administratif de guichet.
- Changer d’hébergeur — déplacer les fichiers du site vers un autre serveur, puis faire pointer le domaine vers ce nouveau serveur en modifiant les DNS. Le domaine peut rester où il est.
- Rediriger un domaine — envoyer les visiteurs d’un domaine vers un autre. Rien ne bouge, c’est juste un panneau.
Dans la pratique, un artisan qui quitte son prestataire fait souvent les deux premières en même temps. On peut aussi ne faire que l’une : transférer le domaine chez soi tout en laissant le site hébergé où il est, par exemple pour reprendre la main sans rien casser. Si la distinction reste floue, notre article sur ce qu’est un nom de domaine pose les bases en deux minutes.
Avant de commencer : quatre vérifications
Êtes-vous vraiment le titulaire ?
C’est la question qui fait mal, et elle arrive plus souvent qu’on ne le croit. Payer la facture ne fait pas de vous le titulaire. Si votre ancienne agence a enregistré le domaine à son propre nom, c’est elle qui détient le droit d’usage — pas vous.
Vérifiez avec une recherche whois sur votre domaine. Pour un .fr, l’Afnic met à disposition un service public de consultation. La ligne « titulaire » doit porter le nom de votre entreprise. Si elle porte celui de votre prestataire, il faut d’abord demander un changement de titulaire, qui est une procédure distincte du transfert.
Notez que les données personnelles d’un titulaire particulier sont légalement masquées : ne concluez pas trop vite. Notre guide sur comment trouver l’auteur d’un site internet détaille la lecture d’un whois et ses limites.
L’email de contact est-il valide ?
Toute la procédure passe par l’adresse email associée au domaine. Si c’est une ancienne adresse, une adresse chez votre ex-prestataire, ou une adresse qui n’existe plus, vous ne recevrez jamais le message de validation — et le transfert échouera sans que vous compreniez pourquoi. Mettez-la à jour dans l’espace client du registrar actuel avant tout le reste.
Le domaine a-t-il plus de 60 jours ?
Les règles internationales fixées par la politique de transfert de l’ICANN imposent un verrouillage de soixante jours après la création d’un domaine et après chaque transfert. Un changement de titulaire déclenche parfois le même verrou. Rien à faire dans ce cas : attendre.
Si vous en profitez pour repenser votre adresse — extension, orthographe, nom commercial — lisez d’abord notre guide sur comment choisir son nom de domaine : mieux vaut trancher avant de transférer que l’inverse.
La date d’expiration est-elle proche ?
Ne lancez pas un transfert à trois jours de l’échéance. Si le domaine expire pendant la procédure, elle s’annule et vous entrez dans une période de rachat bien plus coûteuse. Renouvelez d’abord chez le registrar actuel, transférez ensuite.
La procédure, étape par étape
Étape 1 — Déverrouiller le domaine
Connectez-vous à l’espace client de votre registrar actuel, ouvrez la fiche du domaine et désactivez le verrou de transfert. Il porte des noms variés selon les prestataires : « verrou », « protection contre le transfert », « transfer lock », « registrar lock ». Le changement est immédiat.
Étape 2 — Récupérer le code de transfert
Dans le même espace, demandez le code d’autorisation. Là encore, plusieurs appellations pour la même chose : code auth, code EPP, AuthInfo, ou « code de transfert ». C’est une chaîne de caractères qui prouve que vous avez la main sur le domaine.
Selon le registrar, il s’affiche directement ou vous est envoyé par email — d’où l’importance de l’étape de vérification précédente. Certains codes ont une durée de validité limitée : lancez le transfert dans la foulée.
Étape 3 — Lancer la demande chez le nouveau registrar
Chez le prestataire d’arrivée, choisissez « transférer un domaine », saisissez le nom exact et le code d’autorisation, puis réglez les frais. Le tarif est en général proche d’une année d’enregistrement, souvent moins de quinze euros — et cette somme n’est pas perdue : le transfert ajoute généralement un an à la date d’expiration.
Étape 4 — Valider la confirmation par email
Un email part vers l’adresse du titulaire. Il contient un lien à cliquer. Sans ce clic, rien ne se passe. Regardez dans les indésirables : ces messages, envoyés par des plateformes techniques, y atterrissent souvent.
Le registrar de départ peut envoyer son propre message pour vous proposer de rester, ou pour vous demander une confirmation supplémentaire. Il dispose d’un délai pour s’opposer, mais il ne peut refuser sans motif légitime — impayé, litige de propriété, procédure judiciaire.
Étape 5 — Vérifier après le transfert
Comptez cinq à dix jours pour l’ensemble. Une fois le transfert effectif, contrôlez trois points :
- Les serveurs DNS pointent toujours vers le bon hébergement. Ils sont normalement conservés, mais une vérification coûte deux minutes.
- Les enregistrements MX, qui dirigent vos emails. C’est ce qui se casse le plus souvent, et le plus silencieusement : le site fonctionne, mais les messages de clients ne vous parviennent plus. Testez en vous envoyant un mail depuis une adresse extérieure.
- Le certificat SSL et le
https://. Si le certificat était géré par l’ancien prestataire, il faut en réémettre un. Notre guide du certificat SSL explique la manœuvre.

Éviter la coupure : l’ordre des opérations
Un transfert de domaine seul ne coupe rien : le domaine continue de pointer vers le même serveur pendant toute la procédure. Les coupures arrivent quand on change de registrar et d’hébergeur en même temps, dans le mauvais ordre.
La séquence qui protège :
- Sauvegardez l’intégralité du site et de la base de données avant de toucher à quoi que ce soit.
- Installez le site chez le nouvel hébergeur et testez-le sur une adresse provisoire. Il doit fonctionner avant que le domaine ne le vise.
- Recréez les boîtes mail et récupérez les messages existants. C’est l’étape que tout le monde oublie, et la seule vraiment irrattrapable.
- Basculez les DNS vers le nouveau serveur. La propagation prend de quelques minutes à quarante-huit heures selon les fournisseurs d’accès.
- Transférez le domaine, une fois que tout le reste tourne.
- Gardez l’ancien hébergement actif une à deux semaines. Pendant la propagation, une partie des visiteurs arrive encore sur l’ancien serveur.
.fr, l’Afnic dispose d’une procédure de résolution des litiges, et son service client peut être saisi. En cas d’usurpation de titulaire — le domaine est à votre nom commercial mais enregistré au nom d’un tiers — une procédure de récupération existe également. Ne laissez jamais un domaine expirer pour « forcer » les choses : il devient rachetable par n’importe qui.Combien ça coûte, et quand ça vaut le coup
Le transfert lui-même se situe autour de dix à quinze euros pour les extensions courantes, prolongation d’un an comprise. Certains registrars l’offrent pour attirer de nouveaux clients.
Les raisons qui justifient l’opération, par ordre de fréquence chez les petites entreprises :
- Reprendre la main. Le motif numéro un. Un domaine géré par un prestataire avec qui la relation s’est distendue est une dépendance, pas un service.
- Regrouper. Domaine, hébergement et emails au même endroit signifie un seul interlocuteur quand quelque chose tombe.
- Le prix. Les écarts de renouvellement entre registrars sont réels, mais rarement suffisants à eux seuls pour justifier la manœuvre.
- Le service. Un support qui répond vaut plus que trois euros d’économie annuelle.
À l’inverse, ne transférez pas si votre domaine expire dans moins de deux semaines, si vous êtes en litige non résolu avec le registrar actuel, ou si personne chez vous ne peut accéder à l’email du titulaire. Réglez ces points d’abord.
- Activez le renouvellement automatique chez le nouveau registrar.
- Notez la date d’expiration dans votre agenda, avec un rappel deux mois avant.
- Vérifiez que l’email du titulaire est une adresse que vous contrôlez durablement.
- Réactivez le verrou de transfert : il protège contre les transferts non autorisés.
- Conservez les identifiants du registrar ailleurs que dans la boîte mail liée au domaine.
Le cas des sites hérités d’un ancien prestataire
Situation classique. Un artisan a fait faire son site il y a six ans par un proche ou une petite agence. Le prestataire a disparu, ou ne répond plus. Personne ne sait où est hébergé le site, qui détient le domaine, ni quel mot de passe ouvre quoi.
La marche à suivre, dans l’ordre : identifier le registrar et l’hébergeur via une recherche whois — notre répertoire des adresses d’hébergeurs aide à les contacter. Puis prouver votre lien avec le domaine : extrait Kbis, factures de renouvellement, correspondances. Les registrars disposent tous d’une procédure de récupération d’accès pour ce cas précis.
Si le site lui-même est ancien et que la reprise s’annonce laborieuse, la question se pose autrement : récupérer le domaine — qui porte votre historique, votre référencement et vos emails — et repartir sur un site neuf coûte souvent moins cher que de réanimer l’existant. C’est le sujet de notre page sur la refonte de site internet.
FAQ — Transfert de nom de domaine
Comptez cinq à dix jours en moyenne. Le délai se compose du temps de validation par le titulaire — c’est vous qui devez cliquer sur le lien reçu par email — puis d’un délai d’opposition laissé au registrar de départ, généralement autour de cinq jours. Une validation rapide de votre part raccourcit l’ensemble. Le domaine reste actif pendant toute la procédure : ni le site ni les emails ne s’interrompent.
Non, si vous ne transférez que le nom de domaine : les serveurs DNS sont conservés et le site continue de pointer vers le même hébergement. Les interruptions surviennent quand on change simultanément de registrar et d’hébergeur. Dans ce cas, installez et testez le site chez le nouvel hébergeur avant de basculer les DNS, et laissez l’ancien hébergement actif une à deux semaines le temps de la propagation.
C’est le mot de passe de transfert de votre domaine : une chaîne de caractères délivrée par le registrar actuel, qui prouve au registrar d’arrivée que vous êtes autorisé à déplacer le domaine. On le trouve dans l’espace client, à la fiche du domaine, sous les appellations « code auth », « code EPP », « AuthInfo » ou « code de transfert ». Certains registrars l’envoient par email plutôt que de l’afficher, et il peut avoir une durée de validité limitée.
Cinq causes couvrent la quasi-totalité des cas : le domaine a été créé ou transféré il y a moins de soixante jours, le verrou de transfert est encore actif, le code d’autorisation est erroné ou périmé, l’email du titulaire est obsolète et le message de validation n’arrive pas, ou le domaine est trop proche de son expiration. Vérifiez ces cinq points dans l’ordre avant de contacter un support.
Un registrar ne peut s’opposer à un transfert que pour un motif légitime — impayé, litige de propriété, procédure en cours. Adressez une demande écrite, d’abord par email puis par lettre recommandée, réclamant explicitement le déverrouillage et le code d’autorisation. Si le blocage persiste sur une extension en
.fr, l’Afnic propose une procédure de résolution des litiges. Ne laissez surtout pas le domaine expirer : il redeviendrait disponible à l’enregistrement pour n’importe qui.Non. Le référencement est attaché au nom de domaine et à ses URL, pas au registrar qui l’héberge administrativement. Un transfert seul est neutre pour le SEO. Les pertes surviennent lors d’un changement d’hébergement mal préparé : URL modifiées sans redirections, site indisponible plusieurs jours, ou passage de HTTPS à HTTP. Conservez la même structure d’URL, redirigez celles qui changent, et vérifiez que le certificat SSL est bien actif après la bascule.
On s’occupe du transfert, vous gardez votre activité
Domaine, hébergement, emails et certificat SSL réunis chez un seul interlocuteur, avec la reprise depuis votre ancien prestataire prise en charge. À partir d’environ 49 €/mois.
⭐ Près de 119 avis 5 étoiles · Accompagnement français · Sans engagement














